La Roulotte de Casimir

A ce marais à Marseillan

(JPG)

On est bien arrivé à Marseillan, beau temps, bord de canal devant la mer et l’étang de Thau. Belle endroit de stationnement, herbe grasse. Y avait-il un nœud lunaire ce weekend, une éclipse de quelque chose qui aurait permis de ne pas prévoir les déveines du jour ? Dès le matin du dimanche, malgré un faible crachin, il faisait bon et tout laissait supposer une bonne journée. Nos hôtes de Marseillan nous auront vraiment réjouis d’un accueil opulent où le talent de l’épicurien chef Georges nous a honoré de réalisations culinaires dignes des plus fins gourmets. Nous ne savons rien de la lune et de ses incidences, mais une chose est sûr, c’est que nous enregistrons les problèmes comme se dimensionnent les grandes marées. Tout semble à chaque fois refluer d’un coup, comme une lame de fond pour venir noyer la quiétude des jours vécus. Là, ce sont les chaussures de notre dernière dont les postérieurs sont usés plus qu’il ne faut, hipposandales achetées sur internet et qui sont livrées dans un monde inconnu des vendeurs. Donc pas de chaussures, pas de réclamations. Ici, un renard ayant fait qu’une bouchée de la poule bonne pondeuse dont nous n’avons retrouvé que les plumes en guise de consolation. Et pour clore le tableau, afin que nulle touche ne manque aux faisceaux croisés, nous retrouvons au matin, Tsarine empêtrée dans le marais.

(JPG)

Pour un cheval du marais Poitevin, conçu pour ahaner dans la fange, la voilà bel et bien immobilisée, elle qui croyait pouvoir tester ses capacités en la matière. Premier essai avec Casimir pour la débarder. Rien à faire. La boue noire et puante est une énorme ventouse.

(JPG)

Au vu du chantier de laboure orchestré par Tsarine, la fatigue doit être à son comble. Elle préfère d’ailleurs reposer la tête à fleur de l’eau, l’œil alangui, plutôt que lutter encore. Allo pompiers ! Une brigade, ensuite deux, et la police municipale, puis les services de la voirie, et enfin la gendarmerie. Tout y est. On trouve une chèvre, espèce de portique qui viendra de Béziers. On rassure l’animal, on lui donne à boire.

(JPG)

Cerise sur le gâteau, alors qu’au bout de trois heures, tout est enfin prêt pour sortir la condamnée de la boue, la voilà qui, trouvant peut-être un vague code philo-génétique dans ses gênes de cheval des marais, d’un formidable coup de rein, s’extirpe du piège, se cambre, patine, trouve deux point d’appui des antérieurs et se sort toute seule du mauvais coup devant les regards médusés de tout le bon monde venu à son secours. On se regarde, on se gêne, tout une communauté pour si peu qui semblait tant ! C’est à n’y rien comprendre. Titubant, visiblement éreintée de ce dernier effort, poisseuse en entier, Tsarine a regagné ses congénères inquiets après une bonne douche.

Répondre à cet article