La Roulotte de Casimir

Le pays d’Ayran

Le pays traversé s’appelle vous. C’est un pays du monde ne figurant sur aucune carte. Il est plus que nous pouvions l’imaginer. C’est un univers en entier. Il y a dans ce pays la profondeur insoupçonnable de la rencontre et la transparence du vrai.

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Ces jours ci, il ne fait pas toujours beau temps dehors. Mais le raffinement des cœurs permet une alliance incroyable. A la ferme de St Hilaire, nous avons rencontré ce pays, fait de tendre sollicitude et d’absolue gratitude pour la vie, son respect, l’empire de la paix et de la justesse. Ce n’est pas un pays de rois mais il accueille ceux qui ont le privilège de l’être sur leurs humeurs. Ce n’est pas un pays de droit, mais un pays où l’on se tient droit. Ce pays que nous traversons est un pays né de la joie et du plaisir d’être ensemble, de se connaître et de se reconnaître. C’est pourquoi il n’y a pas d’autres lois que cela. Dans ce pays, il ne faut pas chercher. La réussite ne mène à rien et ne fait pas de différence. Il suffit d’y être, tout simplement,comme au centre de sa vie. Là ! C’est un pays où il n’y a pas de problèmes, il n’y en a jamais eu, il n’y en aura jamais. Il ne faut pas lutter. On ne résiste pas à la vie. On fait toujours de son mieux, dans le cercle. Bien ! Du coup, vouant des préméditations à la rêverie, l’école de St Hilaire est devenue buissonnière, le temps de visiter la roulotte et partager des impressions d’Utopia, les pensées dans le sens des vents. Quand le départ a sonné d’un bon coups de hennissement, les écoliers se sont perchés sur la grille d’entrée. Les enseignants, eux aussi, étaient à la fête.

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Les deux Pégases, attelés en pair, ont donné le coup de collier. Dix kilomètres plus loin, à Berclou, la générosité d’un habitant du pays d’Ayran nous a permis de passer la nuit. Et nous avons partagé le temps d’un soir les appétences du voyage dans le sillon du pays précité. Merci à ce Monsieur Serge ainsi qu’au village des brasseurs de bière pour le prêt de l’espace communal, pour les commodités, l’eau, l’électricité et merci pour les petits croissants au petit matin.

Josette, maîtresse de la ferme de St Hilaire, arpenteuse du pays sans frontière, a quitté notre mouvement sans terre après ce petit bout de voyage à bord avec son amie Jocelyne.

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Un grand merci encore pour nous avoir ouvert la porte et nous laisser jouir de tant de gaieté, de force de vie, de bravoure, et de générosité, ce grand tout épaulé par les fistons très amènes des mêmes sens.

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Et nous continuons cette procession verte auprès des gardiens de la terre, réduisant ce voyage à ses plus simples expressions, des radiations lumineuses et divergentes émanées du foyer unique. Brizambourg, St Bris des bois, Cherac, la belle campagne sous la bruine d’automne, la Béguillère, les reflets dorés des feuillages des vignes, les bois de châtaigners, une panne en pleine montée, la mise en attelage du troisième cheval et la force de traction retrouvée grâce au nouveau système d’attelage.

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Cherac où nous trouvons le bel accueil d’un viticulteur, au bord de la Charente, point de passage du fleuve. Un beau parc au pied d’un Drus séculaire ; un chêne igné par l’automne afin de nous permettre d’être druide, le temps d’une nuit et écouter la voix de la nature, discourir avec elle dans le langage secret, universel et indéfini des oiseaux, sous l’empire de la lune et du soleil.

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Bien des salutations à tous et belle promenade au pays des humains.

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