La Roulotte de Casimir

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Finalement le moyen de partir a déclaré son accord. Et on y va tout de go, non que les réparations soient absolument finalisées, mais avec un minimum de rafistolage pour parcourir quelques kilomètres, passer en Italie, cantare en descendant le col de l’Echelle sur lequel les chevaux auront lécher le gazon durant dix jours comme accrochés au dernier de ses barreaux. N’empêche, c’était beau, chaud le jour et frais la nuit, ce qui n’est plus le cas au pays de Léonard.

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40 à l’ombre. Quant aux réparations, rien ne tient ! C’est un continuum d’heures de bricole, au renfort de là un balcon, ici une tourelle, ou encore des traits rompus, des roues sous gonflées, des pièces d’attelage à l’agonie. Il convient de constater le convoi trop chargé et, malgré les vaines tentatives de répartitions du poids, c’est un succédané de cassures, de fêlures, de lézardes et de ruptures. Toutes les cartouches sont brulées ; vis, boulons, baguettes à souder, cordages, goupilles sont passés de stock à poste. Dans cette relégation aventureuse de nos biens techniques, nous avons atteint le village de Exiles en guise d’offrande. Avec des toits de pierres et un fort costaud dans le roc ayant résisté à l’âge et aux humeurs guerrières.

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Trois soudures plus tard et quelques belles rencontres au coin d’une ferme avec des anciens parlant le piémontais, si proche de la langue française, nous avons salué le grand parc de foot de la Juventus de Turin où, ce jour, dans cette ville interminable, bordée par le Nord au niveau des friches industrielles peuplées d’immondes barres d’immeubles, nos braves tracteurs auront tirés les roulottes sous presque cinquante kilomètres. Bien leur en aura pris car, reçus dans un centre équestre, ils auront droit à la douche, au massage et au bon grain. Toute récompense finit toujours par arriver en fin de compte.

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La plaine est tout devant. Ca marche fort. Ce cas fait que ça râpe sévère du sabot. Ferrures pour tous. C’est fait non sans difficulté. Coupures, piétinement d’un pied pour Isma et d’une main pour Loulou s’amusant à faire des châteaux de sable entre les pattes des poids lourds. Nous comprenant par conséquent le dur métier de maréchal ferrant et pourquoi celui-ci se perd, lesdits maréchaux ayant certainement pour nombre d’entre eux laissé leur santé physique et nerveuse dans l’emploi. Seul un troll est amène à ce genre d’activité, à fortiori auprès de masses avoisinant les dix quintaux. Une clinique de chevaux dans un état lamentable et une halte sauvage plus tard, nous parcourons les rizières au bord du Pô envahies le soir de moustiques, les « zinzarras » comme on dit ici et grattons ce qui nous reste de peau libre.(JPG) Il n’est pas une étape sans réparation. Ca devient une obsession. A chaque fois me traverse une pensée pour Willy et son conseil de prendre le groupe électrogène et pour Nico aussi pour le don d’un poste à souder. (JPG) Il est une journée où tous ces outils auront servis par trois fois. C’est dire. Brancards, déboires, passerelles, balcons, nous réparons de tout et repartons encore au pied levé. Les roulottes deviennent des cordons de soudures ambulantes et guère rapides. Pas moyen de trouver autre temps que bricoler, rouler, manger et dormir.

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Super, l’Italie ! Chaud, pas bien propre. Les Italiens quant à eux sont accueillants cependant. Les bonnes haltes se succèdent. Sur la route, tout le monde s’insulte entre ceux qui ralentissent ou s’arrêtent pour la photo et ceux qui veulent doubler le convoi. Les enfants relèvent par conséquent une bonne source d’injures et apprivoisent la langue. On finit par bricoler n’importe où, n’importe quand, du levant au couchant, sur la route ou dans les champs. Loin, loin, semble la Roumanie. (JPG) La kompania s’agrandit et l’on se retrouve avec les amis roulottiers chemin faisant, sous Milan, en direction, eux aussi, de la Slovénie. C’est la fête alors. On se sert des poignées de cambouis, car eux aussi, sont en passe de devenir maître de la bricole. On partagera le temps de quelques kilomètres des instructions au sujet des vis et des boulons. Une fièvre de cheval, deux trois boiteries, de la bourrellerie, rien n’est laissé à la chance. Amis des chevaux, merci de votre accueil, sans vous vous, nous ne saurions que faire dans ces régions où les pâtures sont si rares et les bordures d’herbes désherbées à la chimie.

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