La Roulotte de Casimir

Belle semaine

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Il y a des jours où tout va bien, le temps, la route, l’ambiance, la qualité du bois de chauffe, le dynamisme des chevaux, et ça roule le long des belles routes. La campagne se pare de fleurs, boutons d’or, myosotis, les arbres aussi, fleurs de magnolias, mimosas, fleurs de judées d’un beau rose. Ca sent le sud. Les montées de collines s’enchaînent comme celles des arômes, sans équivalence. On dirait que le printemps revient. Il prépare sa force vitale comme se règlerait un orchestre pour une symphonie. St Gaudens, Muret : deux étapes, presque trente kilomètres à chaque fois. Les sabots fument, la roulotte roule-boule, faudrait presque des ceintures de sécurité et prendre l’autoroute à cette allure. Un petit tour avec Léa, jeune émule des chevaux et perspicace à la lecture des cartes, un bon souvenir que nous emporteront avec nous, une joie de vie de dix ans d’âge et plein de rêves de voyage au fond de l’horizon de ses yeux.

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Puis la ville, Muret, les têtes médusées des passants, celles des gendarmes en train de verbaliser, le carnet à souche en suspens ainsi que les bras innocents du chauffards, une belle côte en lacet suivie d’une belle file indienne et, entre les virages, un carrousel de dépassements excédés à fond de première vitesse, des coups de klaxons. C’est beau une ville au ralenti. On a le temps de se dire bonjour au bord des voies, d’échanger des sourires incrédules, même aux énervés de la pendule.

Salut à vous résidents du Rayat et merci de votre chaleureux accueil dans votre bel endroit entre ville et cité, petit coin de nature où il fait bon vivre, les hectares de prairies, les vieux chênes,allées boisées et belles pierres d’un mas où la dignité de ses occupants se conjugue à la simplicité d’être, le raffinement à la modestie.

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Venerque, deux jours d’arrêt sur une aire de camping car où la roulotte de Casimir semble en dehors du temps, à moins que ce ne fut le contraire. Une ville de solutions alternatives. Des signe de bienvenus, pouces levés, bravos ; c’est bien les chevaux, quelle chance, pas d’essence, peu d’entretien.

Et la rencontre, encore et toujours, inoubliable et capitale, avec des mutants dilettantes, dans le fait de vivre bien les jours qui passent malgré les menaces qui tracent, des engagés au front des libertés, pourvoyeurs de jardins collectifs, aides aux sans papiers, faucheurs volontaires, dans les forces vives de l’international, jeunes pleins de vieilles expériences levées aux principes du conseil nationnal pour la résistance, toujours le mors au dent avec le plein de rires, révolutionnaires ne prenant jamais de retraite, ne s’appartenant pas, mais appartenant aux nouvelles générations, beaux, beaux parce que indomptables. Puisqu’il semble qu’un sans faute soit difficilement accessible, voilà que le climat se dégrade à nouveau. Le vent d’Autan dit-on, des rafales à vous couper le souffle, pas moyen de sourire à la face des bourrasques sans risquer d’aiguiser les incisives. Le chevaux, toute crinière déployée semblent galoper bien qu’ils marchassent. Les animaux et les humains vont aussi bien, la poule mange avec le loup...

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